regard
01/06/2007 23:45 par acide
le regard des autres est important mais faut que je l oublie la pluspart des personne vous veule que du mal ne se preocupe jamais de vous vous prenne tout et puis c est tout
tout est dit
j'hésitais entre un régime ou un autre jeune je le reprend a partir de maintenant ca va être simple je suis mal en ce moment j'en ai marre .
Etant enfant je me suis perdue en route et je recherche desesperement mon chemin
Un de mes rituels
Quand on est boulimique, on est désespéré. On s'aperçoit qu'on n'y arrive pas seul et on envisage de faire une thérapie. Mais où aller ? Que faire ? Qui consulter ? Vers quelle type de thérapie se tourner ? ![]()
Lorsque j’étais boulimique, j’ai cherché des solutions dans les régimes, le face à face traditionnel, la psychanalyse, les thérapies dites « nouvelles » (gestalt, hypnose ericksonnienne, analyse transactionnelle, bio-énergie, rebirth, PNL etc.). ![]()
Voici un survol de quelques unes de ces thérapies que je vous ai regroupées sous les rubriques suivantes:
"des thérapies qui marchent pour la boulimie"
et
"remarques sur les thérapies généralement utilisées "
En fait, ce n’est pas à sa façon de manger ou de ne pas manger qu’on reconnaît une anorexique ou une boulimique, c’est à son discours, à sa personnalité.
L'addiction boulimique est un trouble du comportement tellement envahissant, tellement aliénant, que les personnes qui en souffrent ont tendance à considérer qu'il est la cause de leur mal de vivre. Mais si on écoute la façon dont elles s'expriment plutôt que ce qu'elles expriment, on s'aperçoit qu'elles semblent rassembler plusieurs des troubles de la personnalité décrits par le DSMIV-R, (Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux) qui sert de référence à la psychiatrie cognitivo-comportementale.![]()
Le DSMIV parle de troubles de personnalité et de traits de personnalité : " Les traits de personnalité désignent des modalités durables d'entrer en relation (…), de percevoir et de penser son environnement et soi-même, qui se manifestent dans un large éventail de situations sociales et professionnelles. Les traits de personnalité ne constituent des troubles que lorsqu'ils sont rigides et inadaptés et qu'ils causent une souffrance subjective ou une altération significative du fonctionnement"..![]()
En apparence lorsqu'on écoute le "discours manifeste " des personnes boulimiques, les traits de personnalité ne semblent pas leur causer de souffrance. D'ailleurs (pas toujours, mais souvent), elles sont à l'aise dans les situations sociales et professionnelles.
La seule chose dont elles disent souffrir d'une façon insupportable, c'est de leur trouble du comportement alimentaire ainsi que de leur apparence physique : leur comportement alimentaire concentre toute leur énergie sans leur laisser de place pour autre chose, et elles n'aiment pas leur corps.![]()
Mais si on les regarde fonctionner dans leur registre émotionnel, si on les écoute parler de leur vie, de leurs manques affectifs, de leurs attentes, on s'aperçoit que, derrière une image qu'elles cultivent souvent au plus que parfait, leur personnalité rassemble à elle seule à peu près tous les critères des troubles de la personnalité décrits par le DSMIV, et particulièrement le trouble de la personnalité borderline.![]()
Selon cette classification, un trouble de la personnalité est "un mode durable des conduites et de l'expérience vécue qui dévie notablement de ce qui est attendu dans la culture de l'individu, qui est envahissant et rigide, qui apparaît à l'adolescence ou au début de l'âge adulte, qui est stable dans le temps et qui est source d'une souffrance ou d'une altération du fonctionnement ".
ici la liste de neuf personnalités répertoriées par ce manuel qui sert de référence à la psychiatrie moderne :![]()
| - | La personnalité paranoïaque est caractérisée par une méfiance soupçonneuse envers les autres dont les intentions sont interprétées comme malveillantes. |
| - | La personnalité schizoïde est caractérisée par un détachement des relations sociales et une restriction de la variété des expressions émotionnelles. |
| - | La personnalité schizotypique est caractérisée par une gêne aiguë dans les relations proches, par des distorsions cognitives et perceptuelles et des conduites excentriques. |
| - | La personnalité antisociale est caractérisée par un mépris et une transgression des droits d'autrui. |
| - | La personnalité borderline est caractérisée par une impulsivité marquée et une instabilité des relations interpersonnelles, de l'image de soi et des affects. |
| - | La personnalité narcissique est caractérisée par des fantaisies ou des comportements grandioses, un besoin d'être admiré et un manque d'empathie. |
| - | La personnalité évitante est caractérisée par une inhibition sociale, par des sentiments de ne pas être à la hauteur et une hypersensibilité au jugement négatif d'autrui. |
| - | La personnalité dépendante est caractérisée par un comportement soumis et "collant " lié un besoin excessif d'être pris en charge. |
| - | La personnalité obsessionnelle-compulsive est caractérisée par une préoccupation par l'ordre, la perfection et le contrôle ". |
Quand on lit ces descriptions, on s'aperçoit que les personnes boulimiques répondent parfois aux critères des troubles de la personnalité dépendante et antisociale, et plus souvent aux critères associés des personnalités paranoïaque, schizoïde, schizotypique, évitante, narcissique et obsessionnelle-compulsive. Elles fluctuent de l'une à l'autre selon les périodes et les circonstances. Mais au final le trouble le plus fréquemment rencontré chez les personnes boulimiques est le trouble de la personnalité borderline. ![]()
Le DSMIV résume le trouble de la personnalité borderline, comme nous l'avons énoncé ci-dessus par : " une impulsivité marquée et une instabilité des relations interpersonnelles, de l'image de soi et des affects ". Si on va plus avant dans la définition du trouble de la personnalité borderline, on trouve les caractéristiques suivantes:
| - | Efforts effrénés pour éviter les abandons, réels ou imaginés. |
| - | Mode de relation interpersonnelle instable et intense, caractérisé par l'alternance entre des positions extrêmes d'idéalisation excessive et de dévalorisation. |
| - | Perturbation de l'identité. Instabilité marquée et persistante de l'image ou de la notion de soi. Sentiment de ne pas exister, de représenter quelque chose de mauvais. |
| - | Impulsivité dans au moins deux domaines potentiellement dommageables pour le sujet : dépenses, sexualité, toxicomanie, conduite automobile dangereuse, crises de boulimie. |
| - | Répétition de comportements, de gestes ou de menaces suicidaires ou d'automutilations |
| - | Instabilité affective due à une réactivité marquée de l'humeur : dysphorie épisodique intense, irritabilité ou anxiété durant habituellement quelques heures et rarement plus de quelques jours. |
| - | Sentiment chronique de vide. |
| - | Colères intenses ou inadéquates ou difficulté à contrôler sa colère : fréquentes manifestations de mauvaise humeur, colère constante ou bagarres répétées. |
| - | Survenue transitoire dans des situations de stress d'une idéation persécutoire ou de symptômes dissociatifs sévères. |
Si le DSMIV est la grille de lecture préférée du monde psychiatrique hospitalo-universitaire, il n'est pas celle des psychanalystes qui ne répertorient pas autant de traits de personnalité. Pour eux il y a quatre grands types de structure de personnalité :
| - | Les névrosés (le plus courant |
| - | Les psychotiques |
| - | Les pervers |
| - | Et les borderlines. |
C'est le complexe d'oedipe qui sert aux psychanalystes d'étalon pour définir l'une ou l'autre de ces personnalités.![]()
Du point de vue théorique, la psychanalyse parle de la névrose et de la perversion comme d'une structure post-oedipienne. L'enfant s'est détaché du sein, il a compris que maman n'était pas à lui, il va faire une dépression à la suite de laquelle il va essayer de remplacer maman par tout un travail symbolique et imaginaire inconscient (ce que les psychanalystes appellent la résolution de l'oedipe). Parfois des symptômes somatiques ou des troubles du comportement contribuent au travail de résolution de l'oedipe. Parfois un équilibre se constituera grâce à ce que Freud a appelé la sublimation (quand des activités sociales et artistiques sont investies de désir).
Par contre, la psychose et la personnalité borderline font partie des organisations (ou désorganisation ?) des structures préœdipiennes. La boulimie semble plutôt se rattacher à une structure préœdipienne dans la mesure où elle parait réaliser un besoin de nourrisson : celui de ne pas vouloir lâcher le sein. Tout se passe comme si les personnes boulimiques n'avaient pas en elles les ressources narcissiques pour un travail de symbolisation qui leur permettrait d' "introjecter " dans leur inconscient le sein et maman. Pour la plupart d'entre elles, elles n'en sont pas encore à l' " oedipe ". Elles voient le monde comme si leur regard était encore celui du bébé : les choses pour elles sont blanches ou noires, bonnes ou mauvaises, belles ou laides, indispensables ou inacceptables. Elles semblent être toujours au bord de la dépression du neuvième mois, que tous les bébés traversent pour acquérir leur autonomie affective mais qu'elles, elles ne peuvent se résoudre à vivre, peut-être parce qu'elles ne la surmonteraient pas.
Contrairement aux anorexiques, les boulimiques ont un manque de confiance en soi pathologique. Cela n'apparaît généralement pas dans leurs rapports sociaux dans lesquels elles semblent être totalement dans l'ouverture à l'autre et peuvent avoir l'air très sûres d'elles-mêmes, mais cela devient très net dès qu'elles se retrouvent dans un univers plus intime. ![]()
Le DSMIV, manuel diagnostique et statistique qui sert de référence pour les psychiatres américains en ce qui concerne les troubles mentaux, et sur lequel s'appuie la psychiatrie cognitivo-comportementale hospitalière de la boulimie, donne le manque d'estime de soi parmi les principaux critères diagnostiques de la boulimie. L'importance excessive accordée à la forme et au poids de leurs corps par ces personnes serait déterminante pour la faillite de l'estime de soi. ![]()
Dans cette logique, la thérapie cognitivo-comportementale de la boulimie incorpore souvent au traitement une approche corporelle avec des activités comme la danse, des ateliers de "relookage " ou du yoga, pour apprendre aux boulimiques à se familiariser avec leur corps et à l'aimer
Si le manque de confiance en soi est lié aux rondeurs et au poids, on peut s'interroger sur l'origine du manque de confiance en soi des boulimiques vomisseuses minces.![]()
Le regard psychanalytique, quant à lui, va au-delà du discours "manifeste " des personnes boulimiques et fait remonter le manque de confiance en soi à un échec relatif aux processus d'intériorisation des premières relations de l'enfant et de son environnement. Bien avant l'adolescence, bien avant que l'enfant ne soit préoccupé par son corps, il y aurait déjà des signes avant-coureurs. On observe que, bébé déjà, ces personnes peuvent sourire pour que maman ne s'en aille pas. Plus grandes, les unes peuvent obtenir de très bons résultats à l'école, les autres ne pas parvenir à se concentrer suffisamment pour réussir, mais les unes comme les autres sont souvent des enfants "trop gentils ", toujours attentifs à faire plaisir, comme s'ils avaient quelque chose à prouver pour se faire apprécier. Plus tard, à l'adolescence, faire plaisir ne suffit plus. On se sent obligé de devenir réellement soi-même, on ne peut plus vivre uniquement pour plaire à l'autre. On ne peut plus se laisser habiter par la vie (et l'avis) des parents ou des autres.
On a besoin de se positionner, de montrer qui on est. Et c'est alors que le bât blesse. Au moment où il est nécessaire de devenir adulte les personnes boulimiques ne se sentent pas exister vraiment. Comme toutes les personnes d'ailleurs qui ne peuvent pas vivre sans une addiction, les boulimiques semblent avoir raté cette étape de la croissance affective qui apporte la tranquillité, l'autonomie, la confiance en soi-même et en l'autre. ![]()
Dans cette logique bien sûr, les cours de danse ou les ateliers de "relookage " ne changeront pas grand chose à l'image que la personne boulimique à d'elle-même. Une psychanalyse sur plusieurs années s'imposerait s'il était possible de faire une analyse avec des personnes affectivement aussi carencées. Mais il se trouve que les personnes boulimiques ont généralement un trouble de l'identité si profond, si "archaïque ", que la psychanalyse, dans sa manière habituelle de fonctionner (association libre, interprétation, neutralité du psychanalyste) n'est pas adaptée ?
Reste enfin les nouvelles psychothérapies qui, si elles n'oublient pas de prendre en compte le regard psychanalytique pour comprendre, vont proposer pour traiter, une autre approche que celle de la neutralité du thérapeute. Plus attentif au discours émotionnel qu'au discours intellectuel, le psychothérapeute cherche le "petit enfant " chez la personne et, dans une attitude généralement très empathique, va proposer au "petit enfant " dans la personne d'exprimer ses frustrations, ses peurs, ses demandes. Au cours de la thérapie, la partie "petit enfant " pourra prendre de la maturité, de la confiance en soi et réussir à établir avec les autres un début de relation authentique. ![]()
Si la psychothérapie semble être l'approche la plus ajustée pour la personnalité affectivement carencée des boulimiques, elle devra tenir compte de ce que Winnicott, pédiatre psychanalyste, a appelé le "faux-self ". Les boulimiques savent très bien jouer à "faire semblant ", parfois avec bonne foi d'ailleurs, et partir dans des discours intellectuels ou rationnels, intéressants certes, mais éloignés de ce qu'elles sont au fond d'elles-mêmes, loin de leur émotion authentique. A l'image des psychothérapies qui se pratiquent avec les alcooliques ou les toxicomanes, la psychothérapie des personnes boulimiques aura avantage à être confrontante.